Vue aérienne de Lyon au coucher du soleil avec le Rhône et le Parc de la Tête d'Or, symbolisant le lien entre santé humaine, animale et environnementale
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One Health Summit Lyon 2026 : ce que le sommet « Une seule santé » change pour votre bien-être

Le One Health Summit Lyon 2026 réunit OMS, FAO et chefs d'État du 5 au 7 avril. Zoonoses, antibiorésistance, pollution : ce que ça change pour vous.

Thomas Lechèque
05 April 2026 08:58 · 6 min de lecture
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Du 5 au 7 avril 2026, Lyon accueille le One Health Summit, un sommet mondial inédit organisé dans le cadre de la présidence française du G7. OMS, FAO, PNUE, chefs d'État et société civile se retrouvent autour d'un principe scientifique devenu urgent : votre santé, celle des animaux et celle des écosystèmes forment un tout indissociable. Résistance aux antibiotiques, zoonoses, pollution de l'air et des sols : les quatre axes du sommet touchent directement votre quotidien.

One Health Summit Lyon 2026 : de quoi s'agit-il exactement ?

Le One Health Summit Lyon 2026 se tient du 5 au 7 avril au Centre de Congrès de Lyon et au Parc de la Tête d'Or. Le choix de la date n'est pas anodin : le 7 avril coïncide avec la Journée mondiale de la Santé.

C'est la première fois que des chefs d'État et de gouvernement se réunissent spécifiquement autour du concept « Une seule santé », selon l'Élysée. Le sommet est co-présidé par les ministres Éléonore Caroit et Philippe Baptiste, avec l'Indonésie comme pays partenaire.

Surtout, il mobilise le Quadripartite : l'OMS, la FAO, le PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) et l'OMSA (Organisation mondiale de la santé animale). Parlementaires, scientifiques, secteur privé, banques de développement et représentants de la jeunesse participent également aux travaux.

L'idée fondatrice ? La santé humaine ne peut pas se penser isolément. Quatre thèmes structurent les sessions :

  1. Réservoirs zoonotiques et maladies vectorielles (les virus qui passent de l'animal à l'humain)
  2. Résistance aux antimicrobiens (quand les antibiotiques cessent de fonctionner)
  3. Systèmes alimentaires durables
  4. Exposition aux pollutions (air, eau, sols, microplastiques)

Pourquoi votre santé dépend de celle des animaux et de l'environnement

Les chiffres sont éloquents. Selon l'OMS, 60 % des maladies infectieuses émergentes chez l'humain sont d'origine animale (source : OMS, fiche zoonoses). Et 75 % des agents pathogènes nouveaux proviennent de la faune sauvage.

Le Covid-19 nous l'a rappelé, mais le phénomène est bien plus large : grippe aviaire, Ebola, Mpox... Les pandémies zoonotiques ont coûté plus de 4 000 milliards de dollars et causé plus de 15 millions de décès dans le monde depuis 2003.

L'antibiorésistance : un front majeur

La résistance aux antibiotiques est peut-être le front le plus préoccupant. Selon une étude publiée dans The Lancet en septembre 2024 (portant sur 520 millions de dossiers dans 204 pays), l'antibiorésistance pourrait causer 39 millions de décès directs entre 2025 et 2050 et serait associée à 169 millions de décès sur la même période.

En France, la situation reste tendue. Les prescriptions d'antibiotiques en ville ont encore augmenté de 4,8 % en 2024, avec plus de 860 prescriptions pour 1 000 habitants par an, selon Santé publique France. La France se classe au 2e rang européen des plus gros consommateurs d'antibiotiques, loin de l'objectif national de 650 prescriptions pour 1 000 habitants d'ici 2027.

Ajoutez à cela la pollution : l'exposition chronique aux polluants environnementaux (air, eau, sols, perturbateurs endocriniens, microplastiques) est associée à des cancers, des maladies respiratoires et des perturbations hormonales. Tout est lié.

L'ANSES, agence française « Une seule santé » : son rôle au sommet

Vous connaissez peut-être l'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) pour ses avis sur les contaminants alimentaires. Ce que l'on sait moins, c'est qu'elle se définit comme l'agence française « One Health » par excellence.

Ses missions couvrent la santé animale, la santé végétale, la sécurité alimentaire et les risques environnementaux. L'ANSES coordonne notamment le programme européen PARC (2022-2029) sur l'évaluation des risques chimiques avec 200 partenaires dans 29 pays, et pilote l'initiative Green Data for Health (2025) qui croise données environnementales et sanitaires.

Le 6 avril, l'ANSES co-organise avec le CIRAD le colloque scientifique « One Health, One Science » au Centre de Congrès de Lyon. L'objectif : montrer comment une surveillance intégrée permet de détecter un virus chez l'animal avant qu'il ne touche l'humain, ou de suivre les résidus de pesticides dans les sols et leur impact sur la chaîne alimentaire.

Le bénéfice économique d'une approche intégrée ? Selon la Banque mondiale, au moins 37 milliards de dollars par an, principalement grâce à la prévention des pandémies. Investir dans la prévention coûte infiniment moins que gérer les crises.

Ce que ça change pour vous

Concrètement, les leviers sont à votre portée.

Les antibiotiques, d'abord. L'antibiorésistance rend des infections banales (urinaires, respiratoires) plus difficiles à traiter. Ne jamais prendre d'antibiotiques sans prescription et ne pas insister auprès de votre médecin pour en obtenir : c'est un geste « One Health » direct. Chaque utilisation inutile accélère le phénomène. En cas d'infection virale (rhume, grippe), les antibiotiques sont inefficaces et contre-productifs.

L'alimentation, ensuite. Privilégier la viande issue d'élevages sans usage systématique d'antibiotiques (label bio, Label Rouge) réduit la pression sélective sur les bactéries résistantes. Favoriser les circuits courts et l'agriculture raisonnée diminue aussi votre exposition aux résidus de pesticides et aux contaminants alimentaires.

La pollution intérieure. Aérer quotidiennement votre logement (10 minutes matin et soir), limiter les produits chimiques ménagers, vérifier la composition de vos cosmétiques (PFAS, perturbateurs endocriniens) : la qualité de l'air intérieur impacte directement votre santé respiratoire et hormonale.

La biodiversité locale, enfin. Éviter les antibactériens dans le jardin, respecter la faune sauvage, renoncer aux insecticides non ciblés : la biodiversité animale et végétale constitue un rempart naturel contre la propagation de pathogènes.

En cas de doute sur un produit de santé ou un complément alimentaire, consultez votre médecin ou votre pharmacien. L'ANSES publie régulièrement des alertes sur les substances à risque.

Le Festival One Health : 170 événements ouverts à tous

Vous voulez aller plus loin ? Le Festival One Health propose plus de 170 événements du 30 mars au 12 avril 2026 en France et à l'international : ateliers, expositions, projections, tables rondes, démonstrations de solutions concrètes.

Le temps fort : le Village des Découvertes One Health au Parc de la Tête d'Or (secteur Petite Suisse, Lyon), ouvert au grand public les 5 et 6 avril, de 10h à 18h. Entrée gratuite. Une vingtaine de stands tenus par des institutions publiques, des ONG et des acteurs de la société civile proposent un espace pédagogique pour comprendre le concept de santé globale.

Ateliers courts et ludiques, scène principale avec conférences, quiz et jeux participatifs : le format est adapté aux familles et aux non-spécialistes. Le programme complet est disponible sur le site oneplanetsummit.fr.

Ce qu'il faut retenir

Le One Health Summit Lyon 2026 n'est pas un simple rendez-vous diplomatique. C'est la reconnaissance, au plus haut niveau mondial, que protéger les écosystèmes et la santé animale, c'est protéger votre santé.

Les données sont claires : 60 % des maladies émergentes viennent de l'animal, l'antibiorésistance menace des millions de vies, et la pollution environnementale pèse sur votre quotidien. La bonne nouvelle ? Vous n'avez pas besoin d'attendre les décisions du G7 pour agir.

Réduire les antibiotiques inutiles, choisir une alimentation responsable, limiter les polluants dans votre intérieur : chaque geste compte. Et si vous êtes à Lyon ce week-end, le Village des Découvertes vous attend, gratuit et ouvert à tous, pour comprendre par vous-même ce que « Une seule santé » signifie au quotidien.

Thomas Lechèque

Journaliste scientifique passionné de santé publique, Thomas décrypte les études, les alertes institutionnelles et les données nutritionnelles pour les rendre accessibles à tous. Il croit que comprendre la science, c'est reprendre le pouvoir sur sa santé.